Vivre à l’étranger sans parler la langue du pays

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Comment survivre à l’étranger lorsque l’on ne parle pas la langue du pays ? J’ai vécu 2 ans et 2 mois à Budapest et pourtant je n’ai pas appris le Hongrois. Je vous explique pourquoi et vous partage mon ressenti ainsi que quelques anecdotes vécues. 

Si au premier abord, on a l’impression que tout le monde parle anglais à Budapest, en seulement quelques semaines, je me suis vite rendue compte que ce n’était pas le cas partout. Forcément, dans le centre de Budapest, tout le monde (ou presque) parle anglais; dans les bars, les restaurants, les magasins, etc. Mais dès que l’on s’éloigne de la zone touristique il devient plus difficile de communiquer.

Quand je suis arrivée à Budapest, en avril 2015, j’étais pleine d’envie, de curiosité… J’ai tout de suite essayé d’apprendre quelques mots hongrois, histoire de me familiariser avec la langue et de m’intégrer plus facilement. D’ailleurs, en général les Hongrois sont plutôt contents lorsque l’on arrive à prononcer quelques mots de hongrois. Ils savent que leur langue est loin d’être facile à apprendre alors ils apprécient d’autant plus l’effort.

Je dois avouer qu’au début ce n’était pas facile de comprendre, de répéter sans faire de faute. Mais avec le temps, j’ai finalement retenu une bonne vingtaine de mots qui m’ont été utiles au quotidien.

Szia! (Salut)
Köszönöm (Merci)
Egészségedre! (Santé ! A tes souhaits)
Jó reggelt (Bonjour le matin), Jó napot (Bonjour la journée), Jó estét (Bonsoir)
Szívesen (De rien)
Bocsánat (Pardon) : très utile quand je courrais pour leur demander gentiment de s’écarter ^^
Jó étvágyat (Bon appétit)
Boldog születésnapot (Joyeux anniversaire)
Kettő (Deux) : le chiffre le plus facile à prononcer et à retenir. Du coup, je commandais toujours 2 bières en même temps (Je rigole !)
Igen (Oui)
Nem (Non)

Et d’autres un peu moins utiles mais que je connaissais également :

Király (Roi) : c’était le nom de ma rue 🙂
Eper (Fraise)
Eladó (A vendre)
Kiadó (A louer)
Bejárat (Entrée)
Kijárat (Sortie)
Csirke (Poulet)

etc.

Et je savais même dire une phrase entière : Bocsánat! Nem beszélek magyarul (Désolée, je ne parle pas hongrois). La phrase la plus utile et utilisée durant ces 2 ans. 😀

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Dans les supermarchés ou commerces de proximité, les commerçants ne parlent pas anglais donc mes quelques mots comme bonjour, merci, au revoir m’ont été assez utiles pour être polie. Parfois, ils pensaient même que j’étais hongroise. Notamment mes voisins puisque j’arrivais à échanger quelques mots avec eux. 🙂

Apprendre le Hongrois

Toutefois, je n’ai pas souhaité approfondir mon apprentissage de la langue puisqu’à la base je devais y rester qu’un an. Finalement, j’y suis restée plus de 2 ans mais qu’importe j’ai réussi à me débrouiller sans. De plus, certain(e)s de mes collègues qui étaient à Budapest depuis bien plus longtemps que moi (au moins 2/3 ans déjà) ont essayé d’apprendre la langue mais ont échoué. Ce n’est vraiment pas une langue facile et il faut une sacrée motivation pour y arriver. Plusieurs expats français ont également essayé mais ont assez vite abandonné. Il faut dire que cette langue est parlée uniquement en Hongrie donc ça motive assez peu surtout si on ne pense pas y rester indéfiniment. Ce n’est pas comme l’espagnol, l’allemand, l’italien ou encore le chinois… cela peut toujours servir de parler ces langues.

J’ai donc fait le choix de me débrouiller en anglais et avec mes quelques mots de Hongrois pour me faire comprendre pendant 2 ans.

Même si la plupart du temps, c’était assez simple en anglais. Je vais quand même vous raconter quelques petites anecdotes vécues lors de mon expérience en Hongrie.

© Dessins de Clémentine Latron

Le moment le plus difficile où j’aurai vraiment aimé comprendre et parler le hongrois :

Sans aucun doute, le moment le plus difficile de mon aventure hongroise fût le moment où j’ai dû me rendre à l’hôpital pour un souci de santé. A Budapest, il y a plusieurs hôpitaux en fonction des besoins. J’ai eu dû mal à trouver celui qui me concernait en fonction de mon cas. Je me suis rendue dans un premier hôpital sans succès. Ils ne parlaient pas bien anglais et ne pouvaient pas m’aider. Au passage, j’ai cru faire un bond en arrière de 100 ans vu l’ancienneté de l’hôpital. Je me suis ensuite rendue dans un second hôpital et à minuit ça n’a pas été facile de trouver quelqu’un qui parlait anglais et qui voulait bien m’aider. Mais finalement, j’ai réussi à voir un médecin qui parlait anglais et qui a pu intervenir. Pas très chaleureux, mais bon au moins j’étais rassurée à 70%.

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Le moment le plus drôle et intelligent :

J’étais chez des amis à Veszprem et nous souhaitions commander un taxi pour se rendre en soirée au bord du lac Balaton. Impossible de se faire comprendre au téléphone. La femme ne comprenait pas l’adresse. Le plan B a été d’écrire l’adresse sur Google Traduction et de cliquer sur « Ecouter » pour entendre à haute voix l’adresse. Nous avons mis le téléphone a côté de l’ordinateur et la femme au téléphone a compris. Yeaaah! 😀

Le moment où tu choisis ton repas au pif :

C’était très rare, mais parfois le menu au restaurant n’était pas disponible en anglais. Du coup, quand tu n’as pas le choix tu commandes un peu au hasard. Mais ça va, j’ai eu de la chance c’était bon. Un goulasch (gulyás) ou du poulet (csirke) c’était toujours une valeur sûre.

Le moment où tu commandes en Français :

Parfois, tu te sens comme chez toi et là c’est bien plus facile de commander. Par exemple, à la boulangerie : « One baguette, please », « One croissant, please ». Dès fois, ils ne te comprennent même pas, l’accent français étant parfait ! Du coup, tu es obligé de faire un accent bizarre pour dire les mots français. De même, au restaurant avec les crèmes brûlées, croque monsieur, etc. Ah les frenchies, on est grillé !

© Dessins de Clémentine Latron

Le moment où tu ne comprends pas très bien et tu te trompes :

Quelques mois après mon installation à Budapest, je me suis inscrite à la salle de sport. Au début, je faisais du sport uniquement dans la salle avec les machines, tapis de course, etc. Mais après 1 an et demi, j’ai décidé de m’inscrire aux cours collectifs notamment au cross fit que j’avais envie de tester. La prof parlait très bien anglais mais avait souvent la flemme de parler en anglais puisque tous les autres étaient des hongrois. Du coup, elle expliquait toujours les exercices en hongrois mais par chance elle montrait en même temps donc je comprenais, en revanche elle donnait le nombre de répétitions en hongrois. C’est ainsi, que je me suis motivée à apprendre les chiffres pour comprendre et éviter de faire 40 squats de trop.

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Et bien évidemment, il y a eu d’autres situations à la gare, dans le train, dans le bus, au supermarché, dans la campagne Hongroise…

Et entre nous, parfois ils nous arrivent même de nous tromper en anglais. Avec 2 autres collègues, on se souviendra toujours de ce déjeuner où nous avons commandé le plat du jour : Chicken liver risotto. Et bien, un risotto au foie de poulet, c’est immonde ! Non seulement visuellement ce n’était pas appétissant mais en bouche ça l’était encore moins.

Et pour finir, voici quelques raisons d’apprendre la langue du pays où l’on vit :

© Dessins de Clémentine Latron

Et pour d’autres raisons comme : comprendre les étiquettes au supermarché pour éviter d’acheter de la viande dégueulasse sans goût au lieu d’un bon boeuf, acheter de l’eau pétillante au lieu de l’eau plate ou encore pour comprendre les effets secondaires des cachets.

Bref, même si ça n’a pas été facile tous les jours durant ces 2 années à Budapest, j’ai largement réussi à me débrouiller en anglais, en hongrois et même parfois avec mes quelques souvenirs d’allemand. Sinon, il y a toujours le langage des signes pour nous aider à survivre (et Google Traduction).

© Dessins de Clémentine Latron de “Dessine-moi un expat” (Courrier international)