Le ferry retrouve progressivement une place dans les pratiques de voyage des Européens, porté par plusieurs dynamiques convergentes : sensibilité accrue aux émissions du transport aérien, attrait pour le slow travel et modernisation des flottes maritimes. Des compagnies comme Brittany Ferries, Corsica Ferries et DFDS ont observé une hausse de fréquentation sur plusieurs liaisons depuis 2022. Le transport maritime de passagers offre une alternative concrète au vol court-courrier sur des distances de 300 à 1 500 kilomètres, avec la possibilité d’embarquer son véhicule et de dormir à bord. Le bilan environnemental du ferry reste cependant plus nuancé que son image « verte » ne le laisse supposer, et mérite une analyse précise.
Le retour du ferry dans les pratiques de voyage européennes
Pendant deux décennies, les compagnies aériennes à bas prix ont capté une partie des voyageurs sur des lignes où le ferry était historiquement dominant. Ce rapport s’est inversé depuis quelques années. La hausse des tarifs aériens, la saturation de certains aéroports et la prise de conscience autour du bilan carbone des vols courts ont redonné de la valeur à la traversée maritime. Des plateformes comme Mister Ferry compilent aujourd’hui les offres de plusieurs dizaines de compagnies européennes sur un seul outil de comparaison, rendant la réservation d’un billet de ferry bien plus accessible qu’elle ne l’était auparavant.
Les liaisons ferry les plus fréquentées en Europe concentrent l’essentiel du trafic
La traversée Douvres–Calais, opérée par DFDS et P&O Ferries, reste la liaison maritime de passagers la plus empruntée d’Europe. En Méditerranée, Corsica Ferries et La Méridionale assurent des rotations entre Marseille, Nice, Toulon et les ports corses. Brittany Ferries propose des liaisons entre la France, le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Irlande : des traversées longues, parfois nocturnes, qui couvrent des distances où l’avion constitue souvent la seule alternative comparable. En Adriatique, Grimaldi Lines et Superfast Ferries relient l’Italie à la Grèce sur des trajets d’une douzaine d’heures.
Le slow travel repositionne la traversée maritime comme partie intégrante du voyage
Le slow travel, mouvement qui valorise le déplacement lent et l’immersion dans le trajet, a transformé la perception du ferry. Passer une nuit en mer entre Saint-Malo et Portsmouth, ou entre Marseille et Ajaccio, n’est plus présenté comme une contrainte logistique. Brittany Ferries et Corsica Ferries ont investi dans le confort à bord : restaurants avec produits locaux, ponts extérieurs aménagés, cabines avec hublot, espaces dédiés aux enfants. En famille, ce type de traversée nocturne supprime une nuit d’hôtel et simplifie considérablement la logistique du déplacement.
Empreinte carbone du ferry : ce que les chiffres indiquent vraiment
Le ferry est régulièrement présenté comme un transport « propre » face à l’avion. Cette affirmation est partiellement juste, mais le bilan carbone d’une traversée maritime varie fortement selon le navire, le carburant utilisé, le taux de remplissage et la distance parcourue. Comparer les modes de transport sur la seule base des émissions de CO2, sans prendre en compte ces paramètres, conduit à des conclusions approximatives.
Ferry, avion et train : une comparaison des émissions de CO2 par passager-kilomètre
Selon les données de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), le transport maritime de passagers émet entre 19 et 40 grammes de CO2 par passager-kilomètre selon les conditions d’exploitation. L’avion court-courrier émet en moyenne 255 grammes de CO2 par passager-kilomètre selon l’ADEME. Le train électrique en France émet moins de 6 grammes de CO2 par passager-kilomètre (ADEME, 2023). Le ferry se situe donc entre l’avion et le train : nettement moins émetteur que le premier, mais sans comparaison favorable avec le second.
Les nouvelles motorisations réduisent l’impact des ferries, sans l’éliminer
Brittany Ferries a mis en service le Santoña, navire fonctionnant au GNL (gaz naturel liquéfié), sur la liaison Santander–Plymouth. Stena Line expérimente des propulsions hybrides sur ses traversées en mer du Nord. En Norvège, des ferries électriques opèrent sur des liaisons côtières courtes depuis 2015, mais cette technologie reste difficile à transposer sur des traversées de plusieurs centaines de kilomètres. Le rythme de décarbonation du secteur maritime commercial reste incertain à moyen terme. L’Organisation maritime internationale (OMI) prévoit une réduction substantielle des émissions d’ici 2050, sans garantir de trajectoire intermédiaire précise.
Voyager en ferry : ce qu’il faut anticiper pour un trajet confortable
Un voyage en ferry demande une organisation différente d’un billet d’avion ou d’un trajet en train. Les contraintes d’embarquement, le choix de la formule à bord et la gestion des horaires influencent directement le confort et le coût total du déplacement. Quelques points pratiques permettent d’éviter les mauvaises surprises.
Réserver un billet de ferry avec voiture : timing et points d’attention
Sur les liaisons vers la Corse, l’Espagne ou le Royaume-Uni, la réservation d’un billet de ferry avec voiture doit être faite au moins deux mois à l’avance en haute saison (juillet-août). Les tarifs varient selon la compagnie maritime, la saison, la longueur du véhicule et la catégorie d’hébergement choisie. Les familles avec enfants ont généralement intérêt à opter pour une cabine intérieure plutôt qu’un fauteuil salon sur les traversées de plus de cinq heures. Comparer les offres de plusieurs compagnies sur un même trajet permet de repérer des écarts de prix parfois significatifs.
Traversée de jour ou de nuit : quelle formule selon le trajet et le profil
La traversée nocturne en ferry avec cabine réservée permet de voyager sans perdre une journée utile. Sur une liaison comme Marseille–Porto-Vecchio ou Barcelone–Ibiza, le passager embarque en soirée et débarque à destination le matin suivant. En revanche, les traversées courtes de moins de quatre heures — comme Douvres–Calais ou Nice–Calvi — ne nécessitent pas de cabine et se font généralement de jour. En couple, la traversée de nuit est confortable à condition de choisir une cabine avec isolation phonique suffisante. En famille avec de jeunes enfants, cette formule est souvent la plus pratique pour éviter une nuit blanche.
À retenir
- Le ferry émet entre 19 et 40 g de CO2 par passager-km, contre 255 g pour l’avion court-courrier (AEE / ADEME).
- Les principales compagnies européennes incluent Brittany Ferries, DFDS, Corsica Ferries, P&O Ferries, Grimaldi Lines et Stena Line.
- Le slow travel et la sensibilité au bilan carbone soutiennent le regain d’intérêt pour le ferry depuis 2022.
- La décarbonation du secteur maritime progresse, mais son rythme reste incertain à moyen terme.
- Réserver à l’avance avec véhicule et comparer les compagnies réduit sensiblement le coût du trajet.
FAQ
Le ferry est-il plus écologique que l’avion
Le ferry émet en moyenne 2 à 10 fois moins de CO2 par passager-kilomètre que l’avion court-courrier, selon le navire et le carburant utilisé. Le train électrique reste toutefois le mode le moins émetteur en France, selon l’ADEME.
Quelles sont les principales compagnies de ferry en Europe
Brittany Ferries, DFDS, P&O Ferries, Corsica Ferries, Stena Line, Grimaldi Lines, Moby Lines et La Méridionale comptent parmi les opérateurs principaux, selon les bassins maritimes : Manche, Méditerranée, Adriatique et mer du Nord.
Quand faut-il réserver un ferry avec voiture pour l’été
Sur les liaisons vers la Corse, l’Espagne ou le Royaume-Uni, il est conseillé de réserver au moins deux mois à l’avance pour les départs de juillet et août. En basse saison, les disponibilités sont généralement plus larges et les tarifs plus accessibles.