Ferry entre Saint-Nazaire et Gijón : avis, vrai intérêt, et pièges à éviter

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Sur le papier, l’idée est presque trop belle : vous montez avec votre voiture côté Loire-Atlantique, vous dormez en mer, et vous vous réveillez en Espagne, dans les Asturies. Pas besoin d’avaler une autoroute interminable, pas besoin de “faire la route” au mental.

Pourtant, quand on cherche des retours d’expérience, on tombe souvent sur des avis qui se contredisent, et parfois sur une réalité plus frustrante : cette traversée n’a pas toujours été disponible.

Donc on va faire simple et utile. On va parler d’histoire de la ligne (parce que ça explique les avis), de ce que vous pouvez attendre si elle circule, et de la manière intelligente de comparer avec la route ou d’autres ferries vers le nord de l’Espagne.

Pas pour vous vendre du rêve : pour vous éviter la mauvaise surprise.

Cette liaison, c’était un truc vacances ou un vrai projet de transport ?

À l’origine, ce n’était pas juste une idée “road trip”. La ligne a été pensée comme une “autoroute de la mer”, c’est-à-dire une alternative au camion sur route, avec un mix fret + véhicules + passagers.

L’objectif, c’était de désengorger les grands axes terrestres et de faire gagner du temps (et parfois de la sécurité) aux transporteurs.

Dans les documents publics français, on retrouve cette logique très clairement. Par exemple, le CGEDD a publié une évaluation en 2013 sur l’autoroute de la mer entre Nantes–Saint-Nazaire et Gijón, justement pour analyser les résultats et les perspectives de la liaison.

Et au Sénat, des échanges sur la difficulté à pérenniser ce type de ligne reviennent dans des rapports liés au maritime. En clair : ce n’était pas un “caprice”, c’était un projet économique… mais un projet qui devait trouver son équilibre.

Pourquoi je vous raconte ça ? Parce que ça change la lecture des avis. Quand une ligne dépend d’un modèle fragile (coûts, remplissage, subventions, disponibilité d’un navire), elle peut offrir un super service une année… et disparaître l’année suivante.

Et vous, vous vous retrouvez à lire des témoignages enthousiastes qui datent d’une époque où tout tournait, alors qu’aujourd’hui vous cherchez surtout à savoir si c’est concret.

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Avant même de lire des avis : Ferry Saint-Nazaire Gijon vaut-il le coup ?

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Le premier piège, c’est de construire tout un itinéraire sur une traversée “théorique”.

Plusieurs comparateurs de ferries affichent cette route comme non disponible à la réservation à certaines périodes, ce qui est un signal fort : si vous ne pouvez pas acheter de billet passager, ce n’est pas juste “complet”, c’est souvent “pas en service”.

Le deuxième piège, c’est le vocabulaire. On dit “Saint-Nazaire”, mais derrière, il y a une zone portuaire plus large, parfois évoquée comme Nantes–Saint-Nazaire, et des terminaux qui peuvent varier selon les projets et les opérateurs.

Si un jour la liaison revient sous une forme ou une autre, vous devrez vérifier le terminal exact et les conditions d’embarquement pour véhicules.

Le troisième piège, c’est de penser “ferry = passagers”. Certaines lignes existent surtout pour le fret, avec une capacité passagers limitée ou inexistante selon les périodes.

Donc, si vous voyagez en famille ou en van, la question à poser n’est pas “la ligne existe ?”, mais “la ligne accepte les passagers et mon véhicule ?”.

Si la traversée est ouverte : ça vaut quoi, en sensations, sur 24 à 30 heures ?

Les retours d’expérience, quand la ligne circulait, décrivent généralement un voyage long (souvent autour d’une journée complète en mer, selon les rotations et les navires).

Sur ce type de durée, vous ne “supportez” pas la traversée : vous la vivez. Et tout dépend de votre manière de voyager.

Si vous prenez une cabine, la mer devient une nuit de trajet. Vous mangez, vous dormez, vous vous réveillez ailleurs.

Pour beaucoup de gens, c’est exactement ce qu’ils cherchent : arriver sans avoir passé dix heures à fixer des lignes blanches sur l’autoroute. La fatigue ne se compare pas avec un gros trajet voiture.

En revanche, si vous partez sans cabine en mode “je vais tenir sur un siège”, vous jouez à un jeu risqué : sur un trajet long, la qualité du repos change tout. Un adulte peut “faire le malin” et finir en zombie au débarquement.

Et si vous avez des enfants, ce n’est même pas un débat : la cabine, c’est souvent la différence entre une arrivée gérable et une journée qui part en vrille.

Pourquoi les avis varient autant : les trois détails qui retournent une traversée

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Premier détail : la mer. Sur l’Atlantique, ça peut bouger. Pas forcément en mode tempête, mais suffisamment pour que les personnes sensibles se disent “plus jamais”. Les témoignages le montrent souvent : pour certains, c’était une formalité, pour d’autres, une leçon d’humilité.

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La bonne attitude, c’est de se connaître. Si vous êtes du genre à être barbouillé en voiture dès que ça tourne, préparez-vous.

Deuxième détail : le navire. Une ligne peut changer de bateau, et ça change tout : cabines, isolation, bruit, qualité des espaces communs.

Il y a eu plusieurs navires associés à cette liaison au fil du temps, et c’est aussi ce qui rend les avis difficiles à comparer. Un retour de 2011 et un retour de 2014 peuvent parler de deux expériences différentes sous le même nom de traversée.

Troisième détail : la logistique d’embarquement et de débarquement. Les retours négatifs viennent rarement d’un “mauvais moment en mer” uniquement.

Ils viennent souvent d’un enchaînement : arrivée trop tôt, attente au terminal, stress de placement du véhicule, puis débarquement plus long que prévu.

Sur un trajet aussi long, la patience est une ressource. Si vous êtes pressé, vous risquez de détester.

Le budget : comment comparer sans se mentir

Sur les prix, vous allez voir des écarts énormes, et c’est normal. Ça dépend de la saison, du véhicule (voiture, van, coffre de toit), du nombre de personnes, et surtout de la cabine. Le piège, c’est de comparer “prix du billet” à “prix du carburant” et de conclure trop vite.

La comparaison utile, c’est : ferry (billet + cabine + repas à bord) versus route (carburant + péages + une nuit d’hôtel éventuelle + usure + fatigue).

La fatigue, ce n’est pas un concept vague : si vous arrivez cramé, vous perdez une journée, et cette journée a une valeur, même si elle n’est pas sur une facture.

OptionCe que vous payez vraimentCe que vous gagnez
Bateau avec cabineBillet + cabine + petit budget repasUne nuit de trajet et une arrivée plus reposée
Bateau sans cabineBillet moins cher, mais confort incertainTrajet “sans conduite”, mais fatigue possible
Route + nuitCarburant + péages + hôtel + repas sur la routePlus de contrôle sur les horaires, pauses à votre rythme
Route d’une traiteCarburant + péages, mais coût mental élevéArrivée potentiellement plus rapide si tout s’aligne

Une règle simple : si vous voyagez à plusieurs, surtout avec enfants, la cabine peut sembler chère… mais elle devient souvent logique quand vous comptez la nuit d’hôtel “évitée” et la journée d’arrivée.

Pourquoi choisir le ferry saint-nazaire gijon ?

Saint-Nazaire Gijon ferry historique retour d’expérience

Les bons cas, c’est quand vous transformez un déplacement en étape “douce”. Par exemple : vous partez en van, vous voulez découvrir les Asturies ou la Galice sans arriver rincé, et vous aimez l’idée de dormir en mouvement. Là, le ferry devient une sorte de raccourci confortable.

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Autre bon cas : vous détestez conduire longtemps, mais vous tenez à avoir votre véhicule sur place. Les Asturies sont magnifiques, mais les déplacements locaux sont plus simples en voiture si vous comptez explorer des coins moins accessibles.

Le bateau vous évite une grosse portion de trajet terrestre, et vous gardez votre liberté une fois arrivé. C’est cohérent.

Les mauvais cas, c’est quand vous êtes pressé, ou quand votre planning est rigide. Une traversée longue, c’est une expérience “bloc” : vous dépendez d’horaires, de procédures, et parfois de la météo marine.

Si vous avez un rendez-vous précis le lendemain matin, vous jouez avec des variables que vous ne contrôlez pas. Et ça peut vous énerver.

À l’arrivée à Gijón : comment réussir la première journée sans vous cramer

Le meilleur conseil, c’est de ne pas vouloir “attaquer” trop fort. Même si vous avez dormi en cabine, une nuit en mer n’est pas toujours une nuit parfaite.

Donc la première journée, pensez “atterrissage”. Une balade sur le front de mer, un repas simple, un passage au centre, et une nuit correcte.

Ensuite, vous avez deux styles d’enchaînement.

Style 1 : rester dans les Asturies, prendre le temps, faire des étapes courtes, profiter des paysages et des villages.

Style 2 : descendre plus au sud-ouest, vers la Galice, voire continuer vers le Portugal si c’est votre grand projet.

Dans les deux cas, l’avantage d’arriver en ferry, c’est que vous commencez votre voyage espagnol sans avoir traversé la moitié de la France en mode pilote automatique.

Le check final : 7 questions à se poser avant de vous emballer

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  • La ligne est-elle réservables aux passagers au moment où vous en avez besoin, ou seulement “dans les archives” ?
  • Quel terminal exact côté français, et quelles heures d’embarquement réalistes ?
  • Votre véhicule passe-t-il (hauteur, coffre, galerie, van) et à quel tarif ?
  • Cabine ou pas cabine : vous voulez arriver reposé ou vous “tentez” le confort ?
  • Votre tolérance à la mer : vous êtes sensible ou plutôt solide ?
  • Plan B : si ça tombe à l’eau, vous avez une alternative (route, autre port, autre ferry) ?
  • Valeur de votre temps : est-ce que vous préférez payer plus et arriver mieux, ou l’inverse ?

Alors, est-ce que ce ferry vaut le coup ? Quand il est disponible, il peut être génial pour un voyage “liberté”, surtout si vous aimez l’idée de transformer une longue distance en nuit de trajet.

Mais c’est aussi une liaison dont l’histoire montre une chose : le concept est séduisant, l’équilibre est compliqué.

Les rapports publics comme celui du CGEDD et les discussions au Sénat rappellent que pérenniser une autoroute de la mer demande des conditions économiques solides.

Donc le bon état d’esprit, c’est celui-ci : ne tombez pas amoureux du concept avant d’avoir vérifié la réalité. Si c’est ouvert, que votre planning est souple, et que vous prenez une cabine, vous pouvez vivre un départ de vacances très particulier, presque “cinéma”, mais sans forcer.

Et si ce n’est pas ouvert, vous avez déjà gagné : vous n’avez pas bâti votre itinéraire sur une promesse. Vous voyagez malin.