Chemin de Stevenson : Guide des étapes et conseils à connaître sur le GR 70

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Le Chemin de Stevenson, officiellement connu sous le nom de GR 70, est bien plus qu’un simple itinéraire de randonnée. C’est un voyage initiatique qui traverse des paysages sauvages et contrastés, des hauts plateaux volcaniques du Velay jusqu’aux vallées cévenoles baignées de lumière.

Ce sentier de 272 kilomètres rend hommage à l’écrivain écossais Robert Louis Stevenson, qui l’emprunta en 1878 avec son âne Modestine. Depuis, il est devenu un classique de la randonnée française, attirant chaque année plusieurs dizaines de milliers de marcheurs en quête de nature, d’authenticité et de lenteur retrouvée.

Mais combien de jours faut-il pour le parcourir ? Quelles sont ses étapes phares ? Où commence-t-il ? Et surtout, quelles sont ses parties les plus exigeantes… et les plus belles ?

Combien de jours pour faire le Chemin de Stevenson ?

Le parcours officiel mesure environ 272 kilomètres entre Le Monastier-sur-Gazeille en Haute-Loire et Saint-Jean-du-Gard, dans le piémont cévenol. Pour la plupart des randonneurs, il se parcourt en 12 à 14 jours, soit une moyenne de 20 kilomètres quotidiens.

C’est un rythme raisonnable, qui permet de profiter des paysages sans transformer l’aventure en épreuve sportive. Bien sûr, tout dépend du niveau de chacun : certains marcheurs aguerris avalent le chemin en moins de 10 jours, tandis que d’autres préfèrent s’offrir le luxe de 15 ou 16 jours, pour flâner davantage et multiplier les pauses culturelles.

Un sondage mené en 2021 par la Fédération Française de la Randonnée indiquait que près de 60 % des adeptes de longues marches privilégient des étapes de 15 à 25 kilomètres par jour, ce qui correspond parfaitement aux distances proposées sur le Stevenson.

Ce qui est certain, c’est qu’il ne s’agit pas d’une course. L’idée est de savourer le chemin, comme Stevenson l’écrivait lui-même : “Voyager pour voyager, et non pour arriver.” Si vous n’avez pas deux semaines complètes devant vous, sachez qu’il est possible de ne faire que certaines sections, choisies pour leur beauté ou leur accessibilité en transport.

Quelles sont les étapes du Chemin de Stevenson ?

chemin de stevenson étapes carte

Le tracé est découpé en une douzaine d’étapes principales, mais de nombreux marcheurs les adaptent selon leur condition physique et les hébergements disponibles. Voici un exemple d’itinéraire classique :

  • Le Monastier-sur-Gazeille → Le Bouchet-Saint-Nicolas (24 km)
  • Le Bouchet → Pradelles (23 km)
  • Pradelles → Langogne (22 km)
  • Langogne → Chasseradès (21 km)
  • Chasseradès → Le Bleymard (18 km)
  • Le Bleymard → Le Pont-de-Montvert via le Mont Lozère (28 km)
  • Le Pont-de-Montvert → Florac (28 km)
  • Florac → Cassagnas (17 km)
  • Cassagnas → Saint-Germain-de-Calberte (18 km)
  • Saint-Germain → Saint-Étienne-Vallée-Française (16 km)
  • Saint-Étienne → Saint-Jean-du-Gard (20 km)
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Chaque étape a son caractère : les villages du Velay avec leurs toits de lauze, les vastes forêts de pins de la Lozère, les panoramas grandioses du Mont Lozère, ou encore les vallées méditerranéennes parfumées de châtaigniers et de genêts.

C’est cette diversité qui fait du Stevenson une aventure complète. De nombreux randonneurs racontent qu’ils ont eu l’impression de voyager dans plusieurs pays en l’espace de deux semaines.

Quelle est l’étape la plus difficile du Chemin de Stevenson ?

Sans surprise, l’étape la plus redoutée est celle qui relie Le Bleymard au Pont-de-Montvert, en franchissant le Mont Lozère. Avec ses 28 kilomètres et près de 1 000 mètres de dénivelé positif cumulé, elle met les jambes à rude épreuve.

L’ascension vers le sommet de Finiels (1 699 m) est exigeante, et selon la météo, elle peut devenir franchement éprouvante : brouillard, vent glacial, pluie battante… ou soleil brûlant en été. C’est une montagne à visage changeant, qui impose respect et prudence.

Une autre portion réputée difficile est celle du Pont-de-Montvert à Florac, elle aussi longue et marquée par de forts dénivelés. Là encore, les 28 kilomètres réclament endurance et préparation. Mais c’est aussi ce défi qui fait le charme de l’itinéraire.

Beaucoup de randonneurs témoignent que ces étapes, les plus dures physiquement, sont aussi celles dont ils gardent les souvenirs les plus intenses. Après tout, n’est-ce pas dans l’effort que se révèlent les plus belles victoires personnelles ?

Un conseil : prévoyez ces étapes exigeantes au milieu du parcours, quand votre corps est déjà échauffé par plusieurs jours de marche, mais avant que la fatigue accumulée ne se fasse trop sentir. Et surtout, adaptez votre allure. Rien ne sert de “battre un record” : mieux vaut arriver au bout avec le sourire que d’y parvenir à bout de souffle.

Quelle est la partie la plus belle du Chemin de Stevenson ?

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Ah, question délicate… car chaque marcheur a sa réponse. Pourtant, beaucoup s’accordent à dire que le passage par le sommet de Finiels, sur le Mont Lozère, est l’un des moments les plus magiques.

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Là-haut, à près de 1 700 mètres d’altitude, la vue embrasse toute la Lozère et ouvre vers les Cévennes. Au lever du soleil, les crêtes prennent des teintes dorées à couper le souffle. C’est une scène qui reste gravée dans la mémoire, même des années plus tard.

D’autres plébiscitent l’arrivée dans les Cévennes, avec ses vallées verdoyantes, ses terrasses de châtaigniers et ses senteurs méditerranéennes. Les gorges, les forêts denses et les villages pittoresques comme Saint-Germain-de-Calberte offrent des atmosphères très différentes du Velay volcanique.

En somme, la beauté du Stevenson réside justement dans cette diversité. Vous traversez trois régions naturelles en deux semaines : chaque jour vous surprend, comme si le décor changeait au lever du rideau.

Une enquête menée par le site Chemin-Stevenson.org en 2022 révélait que plus de 40 % des randonneurs citent le Mont Lozère comme leur portion préférée, tandis que 30 % mentionnent les vallées cévenoles.

Autant dire qu’il n’y a pas de mauvaise réponse : c’est un itinéraire qui offre une palette de beautés, à chacun de composer la sienne.

Où commencer le Chemin de Stevenson ?

Le départ officiel se fait au Monastier-sur-Gazeille, village pittoresque perché en Haute-Loire. C’est là que Stevenson débuta son voyage en 1878. On peut d’ailleurs visiter une petite exposition qui retrace son périple, histoire de se mettre dans l’ambiance.

Certains randonneurs choisissent de rallonger l’aventure en partant du Puy-en-Velay, à une vingtaine de kilomètres plus au nord. Cela ajoute une étape supplémentaire et permet de découvrir cette ville célèbre pour sa cathédrale et son départ historique du chemin de Compostelle.

Où finir ? Traditionnellement, le chemin s’achève à Saint-Jean-du-Gard, dans un paysage déjà méditerranéen. Mais certains prolongent jusqu’à Alès, plus au sud, pour faciliter leur retour en train. Tout dépend de votre logistique.

D’ailleurs, c’est l’un des avantages du Stevenson : il est relativement bien desservi par les transports, ce qui rend possible de le faire en plusieurs tronçons, selon vos disponibilités.

Un petit conseil pratique : si vous partez du Monastier, prenez le temps de visiter le village avant de vous élancer. L’ambiance médiévale, les ruelles étroites et les points de vue sur les plateaux environnants valent bien quelques heures d’arrêt. Après tout, l’aventure ne commence pas seulement avec les premiers pas, mais aussi avec l’état d’esprit dans lequel on se lance.

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Conseils pratiques pour bien préparer les étapes

Le Chemin de Stevenson n’est pas une randonnée technique, mais il demande une préparation sérieuse. Chaque étape affiche entre 15 et 28 kilomètres, avec des dénivelés pouvant dépasser 800 mètres. Pour profiter pleinement, il est important de calibrer vos journées selon votre niveau.

Si vous êtes novice, n’hésitez pas à scinder les plus longues étapes en deux, en réservant des hébergements intermédiaires. De nombreux gîtes, chambres d’hôtes et auberges jalonnent l’itinéraire, mais en haute saison, il est recommandé de réserver à l’avance.

En 2022, plus de 20 000 marcheurs ont emprunté le GR 70 : l’affluence peut surprendre.

Question matériel, misez sur des chaussures déjà rodées, un sac à dos léger (8 à 10 kilos maximum) et une gourde de bonne contenance. L’eau n’est pas toujours abondante, surtout en été. Prévoyez également des vêtements adaptés aux variations de climat : le Mont Lozère peut être balayé par le vent, même en juillet, tandis que les Cévennes peuvent afficher plus de 30 degrés au soleil.

Bref, préparez-vous à tout, car ce chemin concentre plusieurs “saisons” en quelques jours.

Enfin, choisissez bien votre saison. Le printemps et l’automne sont idéaux : les températures sont plus douces, les couleurs superbes, et la fréquentation moindre. L’été, la chaleur peut rendre certaines étapes difficiles, tandis que l’hiver reste réservé aux randonneurs aguerris, équipés pour la neige.

Quelle que soit la période, rappelez-vous que le Stevenson n’est pas seulement une randonnée, mais une expérience humaine et sensorielle. Prenez le temps de lever la tête, de discuter avec les habitants, de goûter une spécialité locale. C’est cela aussi, l’esprit du voyage.

Conclusion

Le Chemin de Stevenson est une aventure accessible, mais profonde. En une douzaine de jours, il vous mène à travers des paysages contrastés, des villages accueillants et des défis physiques qui font grandir. De l’ascension du Mont Lozère aux vallées cévenoles, chaque étape est une page d’un récit dont vous êtes le héros.

Alors, combien de jours, quelle étape la plus difficile, quelle portion la plus belle ? Vous avez désormais les réponses. Mais au fond, le seul moyen de vraiment comprendre ce chemin est d’y poser vos pas. Comme Stevenson, partez avec votre sac, votre courage, et surtout votre curiosité. Le reste viendra… pas à pas.