On vous a toujours dit que le summum de l’hôtellerie, c’était 5 étoiles. Blanc immaculé, service impeccable, room service à 3h du matin… Mais depuis quelques années, une rumeur circule dans les couloirs feutrés de l’industrie du voyage : il existerait un niveau au-dessus.
Un niveau sans nom officiel, sans certificat encadré au mur – et pourtant bien réel. Bienvenue dans l’univers des hôtels qu’on appelle, à tort ou à raison, 6 étoiles.
Est-ce que les hôtels 6 étoiles existent vraiment ?
La réponse courte : officiellement, non. La réponse honnête : ça dépend de ce que vous entendez par « exister ».
Aucun gouvernement, aucune organisation internationale ne reconnaît une classification au-delà de 5 étoiles.
Ni en France, ni en Allemagne, ni aux États-Unis. La mention « 6 étoiles » est avant tout un signal marketing, une façon pour certains établissements de dire : « Ce que nous proposons, ça ne rentre tout simplement pas dans la grille habituelle. »
Et honnêtement ? Quand une suite fait 700 m², qu’un majordome vous attend avec vos journaux préférés dès votre arrivée, et qu’un chef triplement étoilé cuisine rien que pour vous… on comprend que le mot « hôtel » commence à sembler un peu petit.
Quel est le maximum d’étoiles qu’un hôtel peut obtenir ?

En France, le classement officiel s’arrête à 5 étoiles, géré par Atout France, l’agence nationale du tourisme.
Ce classement repose sur des critères techniques précis : surface des chambres, équipements, accessibilité, développement durable. Pas de place pour la subjectivité – ni pour les étoiles supplémentaires.
Certains pays appliquent leurs propres règles, parfois plus souples. Les Émirats arabes unis, l’Italie ou l’Espagne ont des systèmes distincts, ce qui laisse la porte ouverte à des établissements qui se proclament « 7 étoiles » sans que personne ne les en empêche vraiment.
Le Forbes Travel Guide, référence américaine du secteur, a développé son propre système de notation – parfois au-delà de cinq étoiles – mais il reste lui aussi non officiel à l’échelle mondiale. En clair : il n’existe pas d’hôtel « 7 étoiles » reconnu par une autorité internationale.
Pas même le Burj Al Arab de Dubaï, pourtant souvent présenté comme tel dans les magazines.
En France, comment s’appelle vraiment un hôtel 6 étoiles ?
Les Français ont résolu le problème à leur façon, avec élégance et un brin de fierté nationale : en inventant le label « Palace ».
Créée en 2010 par décret, cette distinction est réservée aux hôtels déjà classés 5 étoiles qui franchissent encore un cap supplémentaire.
Pour obtenir ce label, un établissement passe par une évaluation technique sur 200 critères objectifs, puis par un jury international qui juge des éléments plus qualitatifs : l’architecture, l’histoire des lieux, l’engagement environnemental, la singularité de l’expérience.
En septembre 2025, la France comptait 30 établissements labellisés Palace – après que l’hôtel Byblos a perdu sa distinction. Paris en concentre la majorité, avec 12 adresses, mais on en trouve aussi à Courchevel, sur la Côte d’Azur, à Bordeaux ou au Pays basque.
Depuis 2024, les critères ont été renforcés : le label est désormais valable 3 ans au lieu de 5, et plusieurs exigences autrefois optionnelles sont devenues obligatoires – comme la présence d’un spa, une surface minimale de chambres de 26 m², et un ratio d’au moins 3 employés par chambre.
La liste des établissements les plus reconnus, en France et dans le monde

En France, les noms qui reviennent systématiquement dans les classements internationaux sont ceux du Ritz Paris, du Bristol, du Meurice, du Four Seasons George V ou encore du Cheval Blanc à Paris et à Courchevel.
En 2024, le guide Michelin a publié pour la première fois sa liste de « Clefs Michelin » : parmi les palaces officiels français, 13 ont obtenu la distinction maximale de 3 clefs.
À l’international, quelques adresses ont acquis une réputation quasi mythique :
- Le Burj Al Arab (Dubaï) – construit en forme de voile sur une île artificielle, ses suites dépassent parfois les 700 m².
- L’Emirates Palace (Abu Dhabi) – marbre venu des quatre coins du monde, lustres en cristal, et un distributeur automatique de lingots d’or dans le hall.
- L’Aman Tokyo (Japon) – design épuré, vue imprenable sur la capitale, restaurant étoilé Michelin et spa d’exception.
- Le Soneva Jani (Maldives) – villas sur pilotis avec toit rétractable pour admirer les étoiles depuis son lit, et toboggan qui plonge directement dans le lagon.
- Le Marina Bay Sands (Singapour) – connu pour sa piscine à débordement à 200 mètres d’altitude, surplombant toute la ville.
Quels sont les avis de ceux qui y ont séjourné ?
Les avis sur ces établissements sont, dans l’ensemble, dithyrambiques – mais pas toujours pour les raisons qu’on imagine. Ce n’est pas forcément le marbre des salles de bain qui marque les esprits. C’est l’impression d’être attendu, reconnu, compris.
Les voyageurs qui laissent des avis sur des plateformes spécialisées comme Condé Nast Traveler ou les guides Forbes évoquent souvent la même chose : le personnel connaissait leurs préférences avant même qu’ils aient eu le temps de les formuler.
Leurs journaux préférés sur la table de nuit. La température de la chambre réglée selon leurs habitudes. Un dîner organisé dans un endroit privé, sans qu’ils n’aient rien demandé explicitement.
Les avis plus mitigés pointent parfois un décalage entre la promesse et la réalité, surtout dans des établissements qui utilisent l’étiquette « 6 étoiles » comme argument commercial sans toujours la justifier pleinement.
Un label non officiel peut aussi servir à cacher une médiocrité bien habillée. D’où l’intérêt de s’appuyer sur des reconnaissances objectives – Clefs Michelin, distinction Palace en France – plutôt que sur le simple nombre d’étoiles affiché sur un site de réservation.
Quel est le prix d’une nuit dans un hôtel de ce niveau ?

Soyons directs. Une nuit dans un palace parisien coûte en moyenne 709 euros selon les données de hotels.com pour 2025 – et c’est pour une chambre standard, en dehors des périodes de pointe.
Le tarif peut descendre à 218 euros en basse saison, ou grimper bien au-delà lors des grands événements.
Pour les suites d’exception dans les établissements officieusement « »6 étoiles » » à Dubaï, aux Maldives ou à Tokyo, on parle de fourchettes allant de 2 000 à plusieurs dizaines de milliers d’euros par nuit.
Les suites présidentielles du Burj Al Arab, par exemple, ne s’affichent jamais à moins de 10 000 euros la nuit.
Ce qui justifie ces tarifs, c’est avant tout le coût humain. Un ratio de 3 employés par chambre, des chefs étoilés, des concierges disponibles 24h/24, des spas privatisables sur plus de 1 000 m² – tout cela a un prix.
Et ce prix, beaucoup de clients fortunés le considèrent comme parfaitement cohérent avec l’expérience vécue.
Ce que ces hôtels ont vraiment de différent
Au fond, ce qui distingue un établissement de ce calibre, ce n’est pas la taille des lustres. C’est une philosophie : anticiper chaque désir avant même qu’il soit formulé.
Ce niveau de service repose sur une formation poussée du personnel, une connaissance fine des habitudes de chaque client, et une organisation millimétrée qui reste invisible.
On entre dans un hôtel 5 étoiles pour être bien accueilli. On entre dans un palace – ou dans ce qu’on appelle un « 6 étoiles » – pour oublier, le temps d’un séjour, qu’un monde ordinaire existe dehors.
La prochaine fois qu’on vous vante un établissement « 6 étoiles », posez une seule question : est-ce que ce label correspond à une reconnaissance sérieuse, ou juste à un beau chiffre sur une brochure ?
La différence, elle se ressent dès les premières minutes – et elle reste longtemps en mémoire.