Lecce reçoit aujourd’hui plus de visiteurs étrangers qu’elle n’en a jamais accueilli – et pourtant, la ville n’a pas encore basculé dans le tourisme de masse qui défigure d’autres destinations italiennes. C’est peut-être le moment d’y aller, avant que les prix et les foules ne changent la donne.
Lecce en quelques chiffres : une ville qui attire de plus en plus
Les données 2025 sont claires : Lecce a enregistré 421 000 arrivées touristiques, soit une hausse de 12% par rapport à 2024. Mieux encore, les visiteurs étrangers atteignent désormais 56% du total, contre moins de 35% en 2019 – une transformation profonde du profil de la ville en six ans seulement.
Lecce occupe la 2e place des destinations de Puglia, derrière Bari qui cumule plus de 880 000 arrivées. L’écart reste large, mais la progression de Lecce est nettement plus rapide. Les principaux marchés émetteurs étrangers sont les Français, les Américains, les Espagnols et les Britanniques, selon les données publiées par lecceprima.it.
La durée moyenne de séjour tourne autour de 2,5 jours. C’est court pour une ville aussi riche, mais cohérent avec la façon dont la plupart des voyageurs l’intègrent dans un circuit plus large du Salento.
Que voir absolument dans le centro storico de Lecce?
La basilique de Santa Croce est le monument que tout le monde photographie – et à raison. Sa façade baroque, sculptée dans la pietra leccese, cumule angelots, guirlandes et médaillons sur deux niveaux. Prenez le temps de regarder les détails du portail central : chaque colonne raconte quelque chose de différent. La visite intérieure se fait librement, sans ticket.
La Piazza del Duomo mérite une halte prolongée. Fermée sur trois côtés par le Duomo, le Palazzo Vescovile et le Séminaire, elle fonctionne comme une salle à ciel ouvert. En dehors des heures de messe, la place est presque calme – ce qui est rare dans les centres historiques italiens.
L’Anfiteatro Romano, encastré sous la Piazza Sant’Oronzo, date du IIe siècle et pouvait accueillir jusqu’à 25 000 spectateurs. On l’observe depuis les grilles en surface sans payer, ou on descend pour 3 à 5 euros selon les périodes. La Colonne di Sant’Oronzo qui domine la place provient du même ensemble que la colonne jumelle de Brindisi – c’est l’une des deux bornes terminales de la Via Appia.
Pour visiter le centro storico dans de bonnes conditions, partez avant 9h ou après 18h. Les ruelles autour de Via Libertini et Via Palmieri sont nettement moins fréquentées que les axes principaux, et c’est là que le baroque leccese se laisse vraiment voir.
Au-delà des monuments : les quartiers et expériences souvent ignorés
Le quartier de Porta Napoli, au nord du centre, concentre plusieurs cours intérieures accessibles depuis la rue. Beaucoup de portails restent ouverts en journée – les locaux n’y prêtent plus attention, mais pour un visiteur, ces patios avec leurs escaliers baroques et leurs plantes en pots valent le coup d’œil.
Le marché couvert de Via Rubichi est ouvert le matin du mardi au samedi. On y trouve des légumes du Salento (fave secche, lampascioni, cicorie selvatiche) et quelques fromeries locales. C’est l’endroit le plus concret pour comprendre ce que les Leccesi mangent vraiment.
Les ateliers de cartapesta – la technique de la papier mâché leccese, inscrite au patrimoine immatériel de la région – se concentrent autour de Via dei Templari et Via Vittorio Emanuele II. Certains artisans reçoivent des visiteurs sur rendez-vous. Le processus de fabrication d’une statue prend plusieurs semaines ; les pièces finies coûtent entre 50 et plusieurs centaines d’euros selon la taille.
Combien de jours prévoir pour visiter Lecce?
La durée moyenne réelle de 2,5 jours correspond à ce que la ville absorbe confortablement. Voici comment organiser votre temps selon le temps disponible :
- 1 jour : Centro storico le matin (Santa Croce, Piazza del Duomo, amphithéâtre), déjeuner dans une trattoria de Via Paladini, puis musée Faggiano ou Palazzo dei Celestini l’après-midi. Suffisant pour les fondamentaux, trop court pour le reste.
- 2 jours : Ajoutez la matinée au marché, la visite des ateliers de cartapesta, et une promenade dans les quartiers périphériques du centre comme Borgo San Nicola. Le soir, la via Trinchese et ses bars à cocktails fonctionnent bien après 21h.
- Week-end (3 jours) : Vous avez le temps de sortir de la ville. Comptez une demi-journée pour Otranto, à 40 minutes en voiture, dont la cathédrale et sa mosaïque médiévale du XIIe siècle justifient à elles seules le déplacement.
Lecce reste une base solide pour rayonner vers le Salento
Lecce est bien positionnée au centre du Salento, ce qui en fait un point de départ logique pour plusieurs excursions à la journée. Gallipoli est à 35 minutes en voiture : la vieille ville sur son îlot, les plages de Baia Verde et de Rivabella attirent massivement en juillet-août. Si vous pouvez, privilégiez juin ou septembre.
Galatina, à 20 km au sud, mérite une halte pour sa basilique de Santa Caterina d’Alessandria et ses fresques gothiques du XIVe siècle – un choc visuel que la plupart des circuits ignorent. L’entrée est gratuite et la foule quasi absente.
Pour les criques du Salento, la côte adriatique entre Castro et Santa Cesarea Terme offre des eaux transparentes dans un décor calcaire. La route longeant la côte depuis Otranto vers le sud est praticable en voiture, mais les parkings saturent dès 10h en haute saison : partez tôt ou restez après 17h.
Lecce ne prétend pas être une ville de bord de mer. Ce qu’elle propose – la pierre sculptée, les cours tranquilles, les marchés du matin – se vit à pied, lentement. Ce rythme-là, peu de villes italiennes savent encore l’imposer naturellement.