Le 17e arrondissement cumule une image contradictoire : d’un côté des avenues haussmanniennes cossues autour des Ternes, de l’autre une réputation parfois sombre héritée de ses quartiers nord.
Pourtant, les chiffres officiels le classent 18e arrondissement le plus criminogène sur 20 – autrement dit, l’avant-dernier en matière de délinquance. Ce décalage entre perception et réalité mérite qu’on y regarde de plus près.
Quelle est la réputation du 17e arrondissement de Paris?
La réputation du 17e arrondissement souffre d’un raccourci fréquent : parce qu’il jouxte le 18e – Pigalle, Barbès, La Chapelle – certains lui collent une image de quartier sensible par proximité géographique. C’est une confusion qui n’a pas grand-chose à voir avec la réalité vécue sur place.
En fait, le 17e est l’un des arrondissements les plus hétérogènes de Paris. L’ouest de l’arrondissement, côté Ternes et Plaine Monceau, frôle la sociologie du 16e avec ses immeubles de standing et ses familles aisées.
Le nord-est, vers les Épinettes et la Porte de Clichy, raconte une autre histoire – plus populaire, plus dense, plus animée au sens large du terme.
Ce grand écart interne brouille les cartes. Quelqu’un qui a habité rue Laugier ne décrit pas le même arrondissement que son voisin installé avenue de Clichy.
Ce que disent vraiment les chiffres de la criminalité

Sur une année, les forces de l’ordre ont enregistré 13 111 crimes, délits et actes de délinquance dans le 17e. Ce chiffre brut semble élevé – mais rapporté aux 159 820 habitants de l’arrondissement, il place le 17e en 18e position sur 20 pour la délinquance par habitant à Paris, selon ville-data.com.
Pour mettre ça en perspective : les arrondissements 18e, 19e et 20e concentrent les taux les plus élevés de la capitale. Le 18e voisin dépasse régulièrement 15 000 incidents annuels pour une population comparable. L’écart est réel et documenté.
Parmi les arrondissements les moins dangereux de Paris, le 17e figure donc dans le bon peloton – pas loin derrière le 16e et le 8e qui trustent les premières places de la sécurité. Ce classement surprend souvent les personnes qui envisagent de s’y installer et qui arrivent avec des idées reçues.
Cambriolages, vols et violences : quels risques concrets pour les habitants?
Les chiffres par type d’infraction donnent une image plus précise que les totaux globaux. Voici les données 2025 pour le 17e :
| Type d’infraction | 2025 | 2024 | Tendance |
|---|---|---|---|
| Cambriolages de logements | 554 | 722 | Baisse |
| Vols sans violence | 4 510 | 4 705 | Baisse |
| Vols violents sans arme | 313 | 320 | Stable |
| Vols avec arme | 21 | 18 | Légère hausse |
| Coups et blessures volontaires | 508 | 453 | Hausse |
Les cambriolages ont reculé de 30 % en neuf ans – 796 en 2016, 554 aujourd’hui. Le risque pour un ménage du 17e est de 11,34 pour 1 000 logements, soit un peu plus de 1 %. Ce n’est pas négligeable, mais c’est bien en dessous des arrondissements centraux très touristiques.
La catégorie qui pèse le plus lourd est celle des vols sans violence : pickpockets, arrachages de téléphone, vols à la tire dans les transports. 4 510 plaintes en un an, c’est le quotidien parisien classique – pas une spécificité du 17e.
Le risque d’être victime de faits violents reste à environ 1,72 %, soit 17 pour mille habitants, selon venteuil51.fr.
Est-ce que le 17e craint? Zoom sur les quartiers à connaître

Est-ce que le 17e craint? La réponse honnête est : ça dépend vraiment de l’endroit où vous vous trouvez. L’arrondissement se divise en quatre quartiers aux caractères très distincts.
- Ternes : ambiance résidentielle calme, commerces de qualité avenue Niel et rue de Lévis, très peu d’incidents signalés. Famille et cadres supérieurs dominent la population.
- Plaine Monceau : le secteur le plus bourgeois, autour du parc. Immeubles haussmanniens, calme prononcé, proximité avec le 8e.
- Batignolles : quartier mixte et vivant, avec une forte communauté de jeunes actifs depuis la rénovation du secteur. L’ambiance est agréable, quelques tensions ponctuelles mais rien de systématique.
- Épinettes et Porte de Clichy : les secteurs les plus exposés du 17e arrondissement. Trafics de rue, incivilités et quelques points de deal signalés côté Porte de Clichy. Les avis des habitants sur le quartier des Épinettes reflètent une ambiance plus populaire, parfois tendue en soirée.
La Porte de Clichy concentre une partie des tensions, accentuées par les flux de population liés au palais de justice de Paris installé juste de l’autre côté du périphérique. Mais même là, on reste loin des situations des 18e ou 19e.
Avis et retours des habitants sur la sécurité du 17e
Les habitants attribuent au 17e une note de sécurité de 6,73 sur 10, ce qui le place dans la moyenne parisienne selon les données compilées par mairiesttheodorit.fr. Ce score reflète une satisfaction relative – pas l’enthousiasme des résidents du 16e, pas l’inquiétude de ceux du 19e.
Les retours terrain sont assez cohérents. Côté Ternes ou Monceau, les résidents décrivent un quotidien tranquille, parfois même jugé trop calme pour ceux qui cherchent de l’animation. L’ambiance du 17e arrondissement dans ces secteurs ressemble à celle du 7e ou du 6e : sage, prévisible, rassurant.
Du côté des Batignolles, les habitants apprécient la vie de quartier et le marché biologique du samedi – l’un des plus fréquentés de Paris. Quelques incidents de rue sont signalés mais sans caractère de récurrence inquiétante.
Les Épinettes, en revanche, divisent. Certains résidents soulignent des tensions récurrentes autour de la Porte de Clichy, notamment en soirée. D’autres relativisent et parlent avant tout d’un quartier populaire vivant, loin d’être hostile.
Quelle est l’ambiance du 17e arrondissement? Elle est multiple – c’est précisément ce qui rend cet arrondissement difficile à résumer en une phrase.
Le 17e arrondissement reste l’un des plus sûrs de Paris à l’ouest

Le profil socio-économique d’un arrondissement prédit souvent mieux sa sécurité que n’importe quel autre indicateur. Le 17e se classe au 9e rang national des communes de plus de 20 000 habitants où les 10 % les plus riches affichent le niveau de vie le plus élevé – avec un revenu annuel minimum de 82 620 euros pour ce décile supérieur, selon l’Observatoire des inégalités.
Cette structure économique pesante tire mécaniquement les indicateurs de délinquance vers le bas sur la majeure partie du territoire de l’arrondissement. Les arrondissements où la richesse est concentrée génèrent moins de délinquance de proximité – c’est documenté à l’échelle nationale.
Comparé à ses voisins directs, le 17e tient bien. Le 18e cumule des taux deux fois supérieurs sur plusieurs catégories d’infractions. Le 17e arrondissement est-il sûr?
Pour la grande majorité de ses habitants et de ses visiteurs, la réponse est oui – avec la nuance habituelle que Paris reste une grande ville où la vigilance de base reste de mise. Ceux qui s’y installent après avoir craint le pire finissent souvent par dire la même chose : ils ne savent plus pourquoi ils hésitaient.